Thursday, July 19, 2007

les américains ou la liberté de ne pas pouvoir se payer les soins de santé dont on a besoin

Il est du rôle des voyages (de former la jeunesse? oui aussi mais pas seulement!) de nous faire porter un regard différent sur nos propres façons de faire, sur les divers systèmes de notre pays (santé, éducation, assurance, etc...) et de pouvoir avoir plus de recul pour juger de la qualité et la pertinence de leur fonctionnement. Il ya beaucoup de choses que j'ai apprécié ici aux USA mais s'il y a bien un truc qui me fera râler aussi longtemps que j'y serai, c'est l'inégalitarisme de leur système de santé :
-> tu as de l'argent, tu peux t'offrir une grosse assurance santé et te payer n'importe quel soin, -> tu n'as pas d'argent ou pas d'assurance satisfaisante pour couvrir les frais des soins dont tu as besoin, hé bien tu peux bien mourir sur place qu'on ne levera pas le petit doigt pour toi et qu'on ne te jetera même pas un coup d'oeil.
Oui, bienvenu au royaume de toutes les libertés (ah mais par contre, ne demandez pas celle d'avoir librement accès aus soins quelque soit son niveau de vie.)
Je vais vous donner des exemples :
Lisa s'est cassée le pied en louppant une marche d'escalier avant-hier en début de soirée, elle ne s'est pas faite conduire illico aux urgences de l'hôpital (comme aurait fait n'importe quel français), trop chères pour elle; non, elle a pris son mal et sa douleur en patience toute la soirée et toute la nuit pour attendre l'ouverture d'une toute petite clinique pas chère, pas trop mal équipée en matière de radiographie.
Autrement, quand j'ai eu une piqure de "je ne sais trop quelle vilaine bébête" au bras et qu'elle persistait à être entourée d'une plaque rouge, gonflée et chaude, je me suis décidée à aller consulter qu'au bout de 4 jours...et encore, je n'ai pas eu le droit de prendre rendez-vous à la clinique de l'université car ils ne connaissaient pas l'assurance santé de papa, pourtant internationale. Je me suis tout de même pointée à la clinique de l'université en disant que je payais cash, directement, sans prendre en compte une quelle conque assurance et que c'est moi même qui m'occuperai de la partie remboursement avec mon assurance. Notez qu'il me fallait théoriquement débourser pas moins que la maudique somme de 400 $ pour une simple consultation, prise de sang et un éventuel vaccin...il fallait après rajouter les médicaments!là, j'attends la facture.
Et quand Jean Paul s'était fait une entorse à la cheville, et que sa cheville n'était vraiment pas belle à voir, là encore, pas de visite chez le médecin où à l'hôpital pour des radiographies ou des infiltrations d'anti-inflammatoire. Mais, clopi clopan, il a demandé des béquilles à Daniel, du gel mentholé à une autre personne puis j'ai pu lui donner du "ketum gel" quand maman m'en a apportée de France (2 semaines et demie après son entorse, tout de même!!!). Tout ca parce que son assurance ne lui remboursera rien tant que ses frais de santé ne s'élèveront pas à plus de 3200 $ : autant dire : si il doit être admis en urgence à l'hôpital, à l'article de la mort, à devoir subir des soins intensifs... ah bah, c'est sûr, une fois mort, ça fait une belle jambe d'être remboursé!! (enfin, bon, si, ça sert à la famille mais vous voyez ce que je veux dire!)

Alors amis français, amies françaises, bénissez notre système de santé, utilisez-le avec modération afin de le faire durer le plus longtemps possible et réjouissez vous d'avoir un médecin de famille qui vous connait depuis vos plus jeunes bobos et maladies et chez qui vous allez sans l'ombre d'une hésitation (et surtout sans regarder votre compte en banque) si vous êtes malade!!!

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